Régions et énergies renouvelable – le rapport ENERMED

Dans le cadre du rapport ENERMED, l’Institut de la Méditerranée a coordonné l’élaboration d’une étude faisant l’état des lieux de la gouvernance régionale des énergies renouvelables en Méditerranée.

Le développement des énergies renouvelables constitue un grand défi pour l’avenir de l’Europe et de l’ensemble de la planète. Le passage d’une économie mondiale fondée sur les énergies fossiles à une économie fondée sur les énergies renouvelables implique donc une transformation profonde dans l’organisation de l’action des pouvoirs publics dans la structuration du tissu économique. La dernière décennie (2000-2010) a ainsi été marquée par une mobilisation sans précédent des autorités publiques dans les pays industrialisés afin de favoriser un développement des énergies renouvelables. En Europe, en Amérique du Nord et en Asie, il n’est quasiment pas une nation que ne se soit dotée d’un véritable « arsenal » de politiques publiques comprenant l’adoption de textes législatifs, réglementaires mais aussi la mobilisation de ressources financières très importantes. Dans le contexte spécifique de l’Union Européenne, les politiques publiques nationales se sont déployées dans le cadre défini par différentes directives. Celles-ci coordonnent l’action des différents États membres en matière d’énergie renouvelable et de lutte contre le changement climatique.

Même s’il existe des niveaux très hétérogènes de régionalisation d’un État membre à un autre, les autorités régionales jouent aujourd’hui un rôle prépondérant dans la « traduction territoriale » des politiques européennes et nationales et notamment les politiques énergétiques. Pour les régions, les énergies renouvelables constituent une question et un champ d’une complexité inédite et redoutable. Multi-dimensionnelles, les énergies renouvelables convoquent des questions énergétiques proprement dites mais aussi économiques, écologiques, d’aménagement du territoire, de transport, d’urbanisme… Quelle est la capacité des régions à conduire des politiques énergétiques et à soutenir le développement des énergies renouvelables sur leur territoire ? Ont-elles la capacité de se doter d’objectifs et d’outils qui leur sont propres en affirmant leur autonomie sur les questions énergétiques ? À l’inverse doit-on considérer que la lutte contre le changement climatique viendrait valider le principe d’une nécessaire gouvernance « par le haut » des questions énergétiques et, de manière plus générale, du développement économique ? La question du rôle des régions dans la définition et la mise en œuvre d’objectifs globaux est rendue encore plus aiguë par le contexte de crise financière mondiale de recul des financements publics qui font de plus en plus peser le poids des investissements publics sur les  autorités locales et régionales.

Le Rapport gouvernance ENERMED

Pour contacter l’auteur: v.wallaert(at)ins-med.org

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