Des vides et des pleins : comment faire face à une croissance urbaine explosive et à des déséquilibres territoriaux grandissants ?

Comprendre les dynamiques territoriales existantes en Méditerranée nécessite de prendre la mesure de l’explosion urbaine que connaissent tous les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée. Ce phénomène affecte en retour l’ensemble des territoires et notamment les métropoles qui doivent composer avec cette forte croissance de leur population.


Les tendances démographiques et les mutations socio-économiques qui sont à l’œuvre depuis plusieurs décennies expliquent cette croissance. Selon le Plan Bleu , la population urbaine des pays de l’Est et du Sud de la Méditerranée est estimée à 170 millions d’habitants. Elle pourrait être de 243 millions vers 2025 soit une augmentation moyenne annuelle de 2,5 % dans les prochaines années. Cette croissance est alimentée par un dynamisme démographique endogène mais également par des afflux de nouveaux citadins issus de l’exode rural ou dans certains pays par l’arrivée de réfugiés ayant fui des zones de conflit. L’attractivité des zones urbaines et plus largement littorales engendre par ailleurs des déséquilibres territoriaux toujours plus importants qui contribuent à alimenter en retour l’exode rural.

En conséquence, répondre aux défis d’un nombre toujours croissant de citadins est devenu une gageure. L’urbanisation rapide des villes méditerranéennes a conduit à un étalement urbain incontrôlé qui se caractérise au Sud et à l’Est de la Méditerranée par l’extension de zones d’habitat spontané notamment en périphérie et qui conduit à des dysfonctionnements urbains importants (habitat informel, trafic, absence de connexion aux réseau d’eau, d’électricité, etc). Alors que traditionnellement les villes méditerranéennes se caractérisaient par leur compacité, elles deviennent aujourd’hui plus éclatées et s’étendent souvent le long des littoraux ou au détriment des terres agricoles.

La concentration urbaine au Sud et à l’Est de la Méditerranée a souvent pour corollaire une augmentation des déséquilibres territoriaux préexistants, au détriment de territoires ruraux, du fait de caractéristiques géographiques et climatiques, ou encore des conditions historiques de peuplement des différents pays. Outre la population, les activités économiques se concentrent elles aussi dans les centres urbains ou à proximité, renforçant ainsi la marginalisation des territoires ruraux. Ces territoires sont souvent confrontés à la désertification et à l’épuisement de certaines ressources naturelles qui rendent difficile la production agricole

Par ailleurs, on constate que très peu de réflexions sur la métropolisation ont vu le jour jusqu’à présent, hormis celles sur les relations Le Caire/Alexandrie ou Rabat/Casablanca. La difficulté à dépasser des approches nationales dans ce domaine démontre qu’il reste encore beaucoup à faire pour initier une réflexion partagée sur le système urbain méditerranéen, et plus précisément sur l’articulation entre les différentes aires métropolitaines de la zone et sur leurs liens avec les réseaux de villes moyennes et les territoires qui les entourent. Cette réflexion pourrait en effet permettre d’identifier des dispositifs de cohésion territoriale à même de garantir un développement plus équilibré des villes et territoires tout en renforçant la compétitivité régionale à l’échelle mondiale.

Pour aller plus loin:

  • Projet CATMED
  • Projet ENERMED
  • Projet MEDGOVERNANCE
  • Projet ICMED
  • apport Forum des Autorités Locales et Régionales 2010
  • Site web ICLEI
  • Site web Energy-Cities