Les perspectives économiques des pays du sud de la Méditerranée

Dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, l’enjeu prioritaire est l’instauration d’une zone de libre-échange qui permettrait la construction d’un grand marché méditerranéen intégré au marché européen. Au sein de ce marché, le développement de flux commerciaux transfrontaliers doit s’appuyer sur la complémentarité des économies : pouvoir d’achat et technologie au nord ; main-d’œuvre bon marché au sud. Or, sur le plan économique, le bilan de Barcelone s’avère très mince : l’atonie de la croissance des investissements directs étrangers (IDE) et des échanges internationaux au sein de la zone révèle la faiblesse du processus d’intégration économique et commerciale.Les IDE sont pourtant l’un des facteurs importants qui pourraient doper la croissance, mais les pays méditerranéens reçoivent en moyenne 8 milliards de dollars d’investissements étrangers, soit guère plus que la seule Pologne. L’essentiel s’est porté sur des opérations de privatisation, en particulier dans les télécoms, ou sur le rachat d’entreprises existantes dans le cadre de privatisations. La proportion d’investissements «green-field», immédiatement créatrice de nouveaux emplois, est marginale.

La gestion macroéconomique constitue, à l’inverse, l’un des progrès les plus marquants des pays méditerranéens. Les engagements de maîtrise des déficits budgétaires, pris auprès du Fonds Monétaire International en particulier, ont été tenus. Et l’engagement de mener une politique fiscale « saine» n’a, en général, pas été prise en défaut sauf au cours des dernières années, suite à des chocs externes et internes importants.

Le rattrapage économique identifié comme cible durant les premières années du processus de Barcelone n’a pas eu lieu. Malgré les progrès réalisés depuis 1995, cette relative stagnation économique s’accompagne de difficultés sociales importantes. À cet égard, l’évolution de ces quinze dernières années peut sembler préoccupante ; comme le souligne le rapport 2007 de la Banque Mondiale sur l’économie mondiale, à l’exception de l’Afrique sub-saharienne, les indicateurs de croissance et de compétitivité économique des pays du Maghreb et du Proche-Orient restent les plus faibles de la planète.  La situation a en plus été aggravée par la crise économique, qui n’a pas épargné les pays du sud, même s’ils ont été affectés avec retard par rapport au nord : la crise pour ces États est la résultante de la récession des pays développés, qui a entraîné une baisse des exportations et des flux financiers internationaux, notamment des IDE, et un accroissement de leur déficit commercial. En revanche, ils n’ont pas été affectés par la crise financière qu’ont connue leurs voisins du nord. Les chercheurs du FEMISE insistent sur la nécessité pour ces pays aujourd’hui de continuer à ouvrir leurs échanges de marchandises et de services ainsi que leurs politiques structurelles. À long terme, la croissance reste le déterminant le plus important pour lutter contre la pauvreté. L’enjeu est donc de porter le rythme moyen de croissance aux alentours de 6 à 7% par an.

Pour aller plus loin :

-      FEMISE

-      Les publications du FEMISE, consultables sur www.femise.org, notamment Rapport FEMISE 2005, Rapport FEMISE 2009, Rapport FEMISE « Crise et voies de sortie de crise dans les pays partenaires méditerranéens de la FEMIP »