Politiques méditerranéennes ?

Politiques méditerranéennes ?

Depuis une quinzaine d’année, la Méditerranée est devenue l’objet d’une multiplicité de « grandes politiques », c’est à dire de différents processus politiques internationaux visant à transformer l’espace méditerranéen à travers la mise en œuvre de ressources et d’actions communes aux partenaires de ces initiatives.

La première grande politique d’intégration méditerranéenne et de normalisation de la Méditerranée est incontestablement le « processus euro-méditerranéen » lancée par les accords de Barcelone de novembre 1995 signés par les 15 Etats-membres de l’Union Européenne et les pays riverains de la Méditerranée. Le dialogue politique devait déboucher sur une charte pour la paix et la stabilité en Méditerranée. Sur le plan culturel, le développement de grands programmes d’échanges socioculturels devaient accompagner le processus de partenariat politique et économique.

La nouvelle politique européenne de voisinage (PEV) initiée par l’Union Européenne en  2004 s’inscrit également dans cette perspective de transformation des pays du Sud de la Méditerranée.

A ces grands projets européens s’ajoutent une multitude de programmes et d’initiatives visant au  dialogue et au rapprochement du Nord et du Sud de la Méditerranée, initiés par des pays ou des institutions internationales. Le Dialogue Méditerranéen de l’OTAN a été lancé en 1994 que l’OTAN avec pour objectif « de contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région, d’instaurer une meilleure compréhension mutuelle et de dissiper, dans les pays participant au Dialogue, les idées fausses au sujet de l’OTAN. ». Le Forum Méditerranéen est une initiative franco-égyptienne née en 1994. Les onze pays participant à ce forum informel sont l’Algérie, l’Égypte, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, Malte, le Maroc, le Portugal, la Tunisie et la Turquie.

Le Dialogue  5+5 voit le jour  le 10 octobre 1990, à Rome. Aujourd’hui, il comprend les cinq pays membres de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie d’une part, et  cinq pays méditerranéens membres de l’Union Européenne (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal) d’autre part. Ce groupe informel de discussion, ayant comme principal objectif de promouvoir et nourrir le dialogue politique, économique et socioculturel entre les dix pays.

Ces stratégies reposent toutes en définitive sur un même scénario de convergence des sociétés méditerranéennes, diagnostiquées comme « retardataires » dans le contexte de la mondialisation, avec un certain nombre de « standards » reconnus explicitement ou implicitement comme des normes d’organisation de l’économie, de la société et du champ politique dans le cadre d’un pays soumis aux exigences de la mondialisation.