Les clusters et le bien fondé d’une coopération internationale

La notion de cluster, associée communément à un moteur déterminant de la croissance et de la compétitivité des entreprises, est devenue prégnante dans l’économie et les politiques publiques. Depuis la fin des années 1990, et même avant pour certaines régions, les formations de clusters se sont multipliées, relayées par un politique soucieux d’accompagner et de renforcer un mouvement né hors de ses enceintes institutionnelles. Aujourd’hui, les clusters renforcent encore le principe d’innovation ouverte sur lequel ils sont assis en s’ouvrant à l’international et en coopérant avec d’autres clusters, nationaux ou étrangers.

Les clusters ont pris des noms variés, selon les époques et les pays, voire selon les régions, allant des districts industriels, dont l’une des applications s’est faite en Italie, aux pôles de compétitivité français, en passant par les systèmes productifs locaux ou autres pôles d’innovation. Au-delà même de la diversité des termes, les clusters recouvrent des réalités bien différentes, certains, dirigés par une organisation gestionnaire, souvent une association, étant dotés d’une existence juridique et de liens contractuels entre leurs membres, tandis que d’autres jouissent d’un état de formalisation plus lâche. Comme principe élémentaire du cluster, on retiendra donc qu’il s’agit d’une concentration géographique d’entreprises, centres de recherches et institutions agissant dans le même secteur d’activité et connectés entre eux par des liens de nature variée. Malgré la diversité de ces situations, la notion de cluster offre ainsi, outre l’avantage pratique de pouvoir utiliser un terme commun à différentes régions, la possibilité d’englober des structures qui, malgré leurs différences, peuvent se trouver des intérêts communs et les exploiter ensemble.

L’innovation ouverte corrélée à la formation de clusters entraîne des externalités positives pour les membres du cluster : accès à des compétences humaines spécifiques, partage d’infrastructures, transmission de connaissances, émulation due à la proximité des entreprises et centres de recherche… Un paradoxe apparent peut par conséquent amener à s’interroger sur le bien fondé d’une coopération inter-clusters qui remettrait en cause le principe de proximité géographique à la base du cluster et de ses retombées économiques positives. En fait, le concept d’innovation ouverte est également un facteur d’accroissement de compétitivité quand il s’applique à l’international. En effet, commercialement, cela facilite l’accès au marché international pour les entreprises, notamment en leur permettant de conquérir de nouveaux marchés et d’atteindre une masse critique. D’autre part, technologiquement, entreprises et centres de recherche sont plus à même de développer de nouveaux produits grâce à leur complémentarité technologique et peuvent obtenir des financements européens grâce aux appels à projets des différents programmes lancés par la Commission européenne, dont le principe de base est la pluralité des pays qui en bénéficient.

Pour aller plus loin :

- Cette réflexion est extraite du rapport de diagnostic sur les coopérations potentielles inter-clusters en Méditerranée, réalisé dans le cadre du projet IC-Med par l’Institut de la Méditerranée. Ce rapport a été rédigé par Mathilde Dioudonnat. Rapport disponible en version électronique sur simple demande à m.dioudonnat(at)ins-med.org

-       Projet IC-Med