La politique de voisinage européenne en question

La Politique Européenne de Voisinage (PEV) a dans un premier temps été envisagé uniquement pour les pays de l’Est comme une alternative à l’adhésion, avant d’être étendu de manière unifiée aux pays situés au Sud de l’UE, dans une perspective de sécurisation de la stabilité et prospérité européenne. La Méditerranée est donc l’un des espaces géographiques au cœur de la PEV. Son objectif est de favoriser des réformes  politiques (en particulier concernant le renforcement de la démocratie et le respect des droits de l’homme) et d’approfondir l’intégration économique entre l’UE et ses voisins. D’abord basée sur des partenariats bilatéraux (Plan d’action, rapports par pays) et divers instruments de financement, elle évolue progressivement.

À partir du 1er janvier 2007, les programmes MEDA et TACIS sont remplacés par un instrument unique appelé « Voisinage Européen et Partenariat Unique. »  Plus flexible que ses prédécesseurs, il doit faciliter la mise en œuvre d’un développement durable et un rapprochement avec les politiques et standards de l’Union Européenne dans les pays concernés. Ils se divisent en deux volets qui sont alimentés par des fonds qui s’élèvent à 12 milliards d’euros pour la période 2007-2013. Le premier volet permet de répondre à une programmation propre à chaque pays en fonction de ses capacités d’absorption et de mise en œuvre des réformes convenues dans le cadre des négociations avec l’UE. Le second volet englobe 15 programmes de coopération transfrontalière qui doivent permettre la coopération entre autorités locales et régionales et société civile des pays voisins et/ou riverains associés.

L’une des évolutions majeures introduite par cet Instrument réside dans la création d’un programme de Coopération Transfrontalière  Bassin Maritime Méditerranéen qui reprend le modèle des fonds structurels, basé sur un cofinancement, un partenariat et une programmation multi annuelle, et qui encourage les coopérations entre territoires du pourtour méditerranéen. Le programme, doté de 173,6 millions d’euros, doit contribuer à l’objectif affiché de promotion d’une coopération durable et harmonieuse au niveau du Bassin de la Méditerranée qui permette de traiter les défis communs et de valoriser ses potentialités endogènes. 117 régions appartenant à 19 pays sont concernées par ce programme, représentant un total de 143 millions d’habitants concernés. Cependant, pour différentes raisons, plusieurs pays ont refusé de s’engager sur ce programme, c’est le cas de l’Algérie, de la Libye, de la Turquie et du Royaume-Uni (Gibraltar). Le Maroc a adhéré au programme mais suspendu sa participation à toutes les initiatives conduites dans le cadre de la politique de voisinage. Malgré ces absences, sa mise en œuvre se poursuit.

Pour en savoir plus :

Michele Comelli, Atila Eralp, Çigdem Üstün. The European Neighbourhood Policy and the Southern Mediterranean. Ankara. Middle East Technical University Press, 2009.

Le site de la Commission Européenne sur le sujet

Le dossier de la Documentation française sur la Politique Européenne de Voisinage

European Commission« Strenghtening the European Neighbourhood Policy », décembre 2006

Le site du programme de coopération transfrontalière pour le bassin méditerranéen