L’Union pour la Méditerranée: relance du projet méditerranéen ?

En 2007, une initiative de la présidence française vient relancer le partenariat euro-méditerranéen à travers le projet d’Union pour la Méditerranée (UpM). Conçu dans un premier temps de manière indépendante, ce projet est finalement intégré au partenariat euro-méditerranéen dont il devient une nouvelle étape. Le pari est fait d’obtenir l’engagement des plus hauts représentants des Etats et institutions concernés pour lui donner un poids supplémentaire. L’Union pour la Méditerranée est officiellement lancée à Paris le 13 juillet 2008 au cours d’un sommet qui réunit pour la première fois les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE et leurs homologues des Pays Partenaires Méditerranéens. Ce sommet donne lieu à l’approbation d’une déclaration commune instituant cette nouvelle initiative.

En novembre 2008 à Marseille, la réunion des ministres des affaires étrangères représentant les membres de l’UpM constitue en quelque sorte un deuxième acte et se conclut par une nouvelle déclaration commune qui complète celle de Paris et précise l’organisation des structures institutionnelles.  On y trouve également des précisions sur le programme de travail et sur les relations à développer avec les Parlements et les autorités locales et régionales.

Ces deux déclarations constituent le socle de l’UpM et définissent son fonctionnement institutionnel. Une co-présidence tournante est instaurée, assurée conjointement par un pays membre de l’UE et un pays partenaire méditerranéen. Un secrétariat technique doté d’une structure juridique distincte et d’un statut autonome est également créé. Ce secrétariat est situé de manière permanente à Barcelone. Le 26 janvier 2010, M. Amhad Massadeh est nommé à la tête du secrétariat. La désignation du secrétaire général de l’UpM laisse entrevoir la possibilité de lancer un certain nombre de projets autour des initiatives fléchées par la déclaration de Paris : dépollution de la Méditerranée, autoroutes de la mer et autoroutes terrestres, protection civile, énergies de substitution, enseignement supérieur et recherche, initiative méditerranéenne de développement des entreprises. En effet, le secrétariat a pour fonction le financement et la mise en œuvre de projets concrets et l’animation de la concertation opérationnelle entre les différentes initiatives de l’UpM.

Un Comité Permanent Conjoint basé à Bruxelles est, pour sa part, chargé de faciliter l’organisation des réunions de travail entre hauts fonctionnaires et  entre ministres. Cependant, les réunions ministérielles prévues, notamment celle d’Istanbul, ont été régulièrement ajournées suite aux tensions politiques et surtout aux événements de Gaza durant l’été 2008. Les blocages diplomatiques empêchent depuis la tenue de nouvelles réunions qui permettraient de donner une impulsion forte et sur le long terme au processus euro-méditerranéen.

Afin d’aboutir à des résultats concrets, la logique de coopération sur laquelle se base l’UpM repose sur ce que l’on pourrait appeler « le mode projets », qui diffère des approches programmatiques ou sectorielles qui ont pu être mises en œuvre auparavant. Dans ce contexte, la réalisation de projets concrets est très fortement privilégiée. Le Plan solaire méditerranéen est actuellement un des plus avancées.

Pour en savoir plus :

Le site de la Commission Européenne

Le site de la Documentation Française

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